Vers qui se tourner quand… (France)

Tu es sur cette page parce qu’un truc te dépasse, là, maintenant. Ou parce que tu préfères avoir les bons numéros sous la main avant que ça devienne urgent. Dans les deux cas, tu es au bon endroit.
Je ne suis pas psy. Je suis un adulte qui a traversé pas mal de tempêtes avec des ados, et qui a appris, souvent à la dure, qu’il vaut mieux appeler quelqu’un de compétent plutôt que de porter ça seul. Cette page ne remplace ni un médecin, ni un psychologue, ni les secours. Elle te donne un premier point de contact, vérifié, pour chaque situation.
Sauf mention contraire, tous les numéros ci-dessous sont gratuits et accessibles depuis la France. La plupart garantissent l’anonymat.


Porte ouverte sur le bureau d'un psychologue où deux fauteuils attendent. Figure en pâte à modeler.

Ce que beaucoup de parents ignorent : deux portes d’entrée, et l’une ne dépend pas de toi

Je commence par celle-ci parce que trop peu de parents la connaissent, et elle change souvent la donne.
Il existe en France deux dispositifs largement sous-utilisés. Ils ne font pas la même chose, et la différence entre les deux est exactement ce qui va t’être utile.

1. Mon soutien psy : des séances remboursées, sans passer par le médecin

Depuis 2022, l’Assurance Maladie prend en charge des séances chez un psychologue conventionné. Ce que peu de parents savent :

  • le dispositif couvre les mineurs de 3 à 17 ans inclus, donc ton ado est concerné
  • tu n’as plus besoin d’une ordonnance : tu peux prendre rendez-vous directement avec un psychologue partenaire
  • 12 séances par année civile, la première étant un entretien d’évaluation en présentiel, puis jusqu’à 11 séances de suivi
  • la séance est fixée à 50 euros, dépassement d’honoraires interdit. L’Assurance Maladie rembourse 60 %, ta mutuelle couvre en général les 40 % restants*
  • si ton enfant est en affection de longue durée, le plafond de 12 séances ne s’applique pas

Un mot sur l’argent, parce que c’est souvent là que ça coince. Aujourd’hui, tu paies les 50 euros au psychologue et tu te fais rembourser ensuite. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit de généraliser le tiers payant sur ces séances à partir du 1er octobre 2026, ce qui supprimerait cette avance de frais. Le décret d’application n’était pas encore publié quand j’ai vérifié cette page, donc d’ici là, prévois l’avance.

Deux choses à savoir avant de décrocher le téléphone. D’abord, pour un mineur, ton accord de parent est obligatoire : ton ado ne peut pas s’y engager seul. Ensuite, ce dispositif est fait pour une souffrance légère à modérée. S’il y a un risque suicidaire, un trouble alimentaire avec signes de gravité, une dépendance, ou si ton jeune est déjà suivi en pédopsychiatrie, ce n’est pas la bonne porte. Le psychologue te le dira, et il te renverra vers le médecin. Ce n’est pas un refus, c’est une orientation.

Pour trouver un psychologue partenaire : monsoutienpsy.ameli.fr, en cochant le filtre « pour les enfants » qui affiche celles et ceux qui reçoivent les ados.

2. La Maison des adolescents : gratuit, et ton autorisation n’est pas nécessaire

Les MDA accueillent les jeunes de 11 à 21 ans (jusqu’à 25 ans selon les structures), avec une équipe qui réunit médecins, psychologues, infirmiers, éducateurs, parfois juristes ou conseillers d’orientation. L’accueil est gratuit, confidentiel, anonyme si le jeune le souhaite, souvent sans rendez-vous. Il y en a une par département dans presque toute la France.

Et voici le détail qui compte : ton ado peut y aller sans ton autorisation. Ça peut piquer un peu à lire. Mais le jour où ton jeune ne veut surtout pas t’en parler, c’est exactement ce qui fera qu’il ira quelque part au lieu de rester seul avec ça. Une porte que tu ne contrôles pas reste une porte ouverte.

Bonne nouvelle pour toi aussi : les MDA reçoivent les familles. Tu peux y aller seul, sans ton ado, juste pour poser ce que tu portes et repartir avec des pistes.

Pour trouver celle de ton département : anmda.fr, rubrique « Trouver une MDA ». Les horaires et les modalités varient d’une MDA à l’autre, vérifie sur sa page avant de t’y rendre.

Aucun des deux ne remplace un suivi psychiatrique pour une situation lourde. Mais pour un mal-être qui s’installe, une angoisse qui prend trop de place, ou simplement un jeune qui a besoin de parler à quelqu’un de neutre, ce sont deux portes accessibles que beaucoup de familles laissent fermées, souvent juste parce qu’elles ignorent qu’elles existent.

*Si tu dépends du régime local d’Alsace-Moselle, la prise en charge monte à 90 % (60 % Assurance Maladie, 30 % régime local). Les 10 % restants sont couverts par ta mutuelle, ou restent à ta charge si tu n’en as pas.


Les infos en détail

3114, numéro national de prévention du suicide
Gratuit, confidentiel, 24h/24 et 7j/7, partout en France. Au bout du fil, ce n’est pas un bénévole mais un professionnel du soin, infirmier ou psychologue, formé spécifiquement à la prévention du suicide. Il évalue la situation avec toi et oriente vers ce qui convient.

Le point que beaucoup de parents ignorent : tu peux appeler pour ton ado, pas seulement lui pour lui-même. Le 3114 est fait pour les personnes concernées, pour l’entourage inquiet, et pour les personnes endeuillées par un suicide. Tu n’as pas besoin d’être sûr de toi pour composer le numéro. Le doute suffit. Site : 3114.fr

En cas de risque imminent : le 15 ou le 112. Si ton jeune est en train de passer à l’acte, ou si tu penses qu’il pourrait le faire dans les minutes ou les heures qui viennent, ce sont les secours qu’il faut appeler, pas une ligne d’écoute.

Fil Santé Jeunes : 0 800 235 236
Pour ton ado lui-même, s’il préfère parler à quelqu’un d’extérieur. Anonyme, gratuit, tous les jours de 9h à 23h, jours fériés compris. Un tchat individuel est ouvert de 9h à 22h. Les personnes au bout du fil sont des professionnels : psychologues, médecins, conseillers.

Fil Santé Jeunes : 0 800 235 236 (voir ci-dessus)
La bonne porte quand ton jeune ne va pas bien sans que personne sache encore nommer quoi. Le service s’adresse aux 12-25 ans, sur à peu près tout : mal-être, solitude, corps, sexualité, famille, consommations, idées noires. Ton ado peut appeler ou passer par le tchat sur filsantejeunes.com, ce qui est souvent plus facile pour quelqu’un qui déteste le téléphone.

Pour un suivi dans la durée, retourne à l’encadré en haut de cette page. Mon soutien psy et la Maison des adolescents de ton département sont les deux entrées les plus accessibles, et la seconde reçoit aussi les parents seuls.

Ton médecin traitant reste une option solide, en particulier s’il faut une orientation vers un pédopsychiatre ou si tu sens que la situation dépasse le simple coup de fatigue. Il connaît ton jeune, et il sait ce qui existe près de chez toi.

3018, numéro national contre le harcèlement
Gratuit, anonyme, confidentiel, 7j/7 de 9h à 23h. Il existe aussi un tchat et une application mobile. Le service s’adresse aux élèves victimes, aux témoins, aux parents et aux professionnels.

Si tu as noté le 3020 quelque part sur un vieux carnet, tu peux le rayer : il n’est plus en service. Le 3018 est devenu le numéro unique pour le harcèlement scolaire comme pour le cyberharcèlement.

Ce que le 3018 sait faire et que peu de parents soupçonnent : il dispose de procédures accélérées avec les grandes plateformes et les réseaux sociaux pour faire supprimer un contenu ou un compte en quelques heures. Avec ton accord, il transmet aussi le signalement aux référents harcèlement de l’académie pour que l’établissement bouge. Site : 3018.fr

L’établissement scolaire reste le premier interlocuteur pour les faits qui s’y déroulent. Demande un rendez-vous avec la direction, et mets par écrit ce que tu as constaté, avec les dates. Ce que tu écris pèse plus lourd que ce que tu dis.

Drogues Info Service : 0 800 23 13 13
Anonyme et gratuit, 7j/7 de 8h à 2h du matin. Oui, jusqu’à 2h : c’est précisément l’horaire dont tu as besoin la nuit où tu ne dors pas. Un tchat est disponible sur le site de 14h à minuit du lundi au vendredi, et de 14h à 20h le samedi et le dimanche. Tu peux appeler que tu sois concerné directement ou comme parent inquiet. Site : drogues-info-service.fr

Les Consultations Jeunes Consommateurs (CJC)
Le dispositif le plus utile et le moins connu de cette rubrique. Ce sont des lieux d’accueil pour les 12-25 ans, animés par des professionnels des addictions et de l’adolescence. C’est gratuit et anonyme, il y en a plus de 400 en France, et ça ne concerne pas que les produits : l’alcool, le cannabis, la cocaïne, mais aussi les jeux vidéo, les jeux d’argent, les réseaux sociaux.

Le détail qui change tout pour toi : les parents y sont reçus, avec ou sans le jeune. Si ton ado refuse d’y aller, tu peux y aller seul. Ce n’est pas un plan B, c’est prévu comme ça. Pour trouver la plus proche, passe par l’annuaire de Drogues Info Service ou appelle le 0 800 23 13 13, on t’orientera.

119, Allô enfance en danger
Gratuit, confidentiel, 24h/24 et 7j/7, toute l’année. Il s’adresse aux enfants et aux jeunes jusqu’à 21 ans, et à tout adulte préoccupé par la situation d’un enfant. Le 119 n’apparaît sur aucun relevé téléphonique détaillé, ce qui compte quand la personne dangereuse a accès à la facture. Un tchat existe aussi, réservé aux mineurs et aux jeunes majeurs. Site : allo119.gouv.fr

Tu n’as pas besoin d’être certain pour appeler. Le doute est exactement le motif d’appel prévu.

3919, Violences Femmes Info
Gratuit, anonyme, 24h/24 et 7j/7. Pour les femmes victimes de violences conjugales et sexistes, et pour leur entourage. Depuis février 2026, un tchat complète la ligne, utile quand téléphoner n’est pas possible parce que l’autre est dans la pièce d’à côté.

116 006, aide aux victimes
Pour toute infraction subie, par ton jeune ou par toi, et pour les proches de victimes. Tous les jours de l’année, en journée et en soirée. En dehors des horaires, un répondeur te rappelle. Le service oriente vers l’association d’aide aux victimes la plus proche de chez toi.

Danger immédiat : 17 ou 112.

Le Planning familial : 0 800 08 11 11
Numéro vert national, gratuit et anonyme, du lundi au samedi de 9h à 20h. Sexualité, contraception, IVG, IST, orientation sexuelle, violences. Un tchat existe sur ivg-contraception-sexualites.org. Les centres du Planning reçoivent aussi en présentiel, et les mineurs peuvent y obtenir une contraception gratuitement.

LÉIA EST LÀ : 0 800 004 134
Ligne d’écoute, d’information et d’aide sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Gratuite, anonyme, 7j/7 de 8h à 23h, avec un livechat en journée et en soirée. Elle a remplacé l’ancienne Ligne Azur, que beaucoup de sites affichent encore.

Elle s’adresse aux personnes qui se questionnent, quel que soit leur âge, mais aussi à l’entourage. Traduction : si ton ado t’a dit quelque chose la semaine dernière et que tu ne sais plus quoi en faire, ce numéro est aussi pour toi. Site : leiaestla.fr

L’association Contact : 0 805 69 64 64
Celle-ci est faite pour les parents, littéralement. Contact est née de parents d’enfants LGBT+ qui se sont regroupés pour parler à d’autres parents vivant la même chose. Écoute anonyme et gratuite, groupes de parole, associations départementales. Si ce que tu cherches, c’est parler à quelqu’un qui est passé par là avant toi, c’est ici. Horaires variables selon les permanences, avec répondeur en dehors. Site : asso-contact.org

Le numéro vert de l’obligation de formation : 0 800 122 500
Depuis 2020, tout jeune de 16 à 18 ans doit être en études, en formation, en apprentissage, en emploi ou en service civique. Ce numéro est fait pour les jeunes et pour les familles : on t’oriente vers l’interlocuteur le plus adapté près de chez toi, CIO ou Mission locale.

Le CIO (Centre d’information et d’orientation)
Gratuit, ouvert à tous, sans condition. Les psychologues de l’Éducation nationale y travaillent et interviennent aussi dans les établissements. C’est souvent le contact le plus rapide quand ton jeune est encore scolarisé mais qu’il décroche doucement.

La Mission locale
Pour les 16-25 ans. Elle accompagne quand le retour au lycée n’est pas la piste, ou quand ton jeune ne veut plus entendre parler de l’école. Elle copilote avec les CIO les plateformes de suivi des décrocheurs.

La MLDS (Mission de lutte contre le décrochage scolaire)
Dispositif interne à l’Éducation nationale, présent dans chaque académie, pour raccrocher un jeune sorti du système ou en train d’en sortir. Le CIO ou l’établissement peut t’orienter vers celle de ton secteur.

La médiation familiale
Un tiers qualifié, diplômé d’État, aide les membres d’une famille à se reparler et à trouver eux-mêmes des solutions. Séparation, conflit parent-ado, rupture de dialogue, désaccord sur la garde. Le premier entretien d’information est gratuit. Les séances suivantes sont payantes, mais les services conventionnés appliquent un barème national de la CAF calculé sur tes revenus, donc ça reste accessible.

Pour trouver un médiateur ou une médiatrice : l’annuaire de l’APMF sur apmf.fr, ou ta CAF, qui conventionne les services de ton département.

Pour une question juridique concernant ton mineur
Autorité parentale, droits de ton jeune, procédure en cours, plainte à déposer : les Points-justice (anciennes maisons de justice et du droit) proposent des consultations gratuites, souvent avec un avocat de permanence. L’annuaire est sur justice.fr.

Le CMP (Centre médico-psychologique)
Rattaché à un hôpital, sectorisé selon ton adresse, avec une équipe qui réunit pédopsychiatres, psychologues, orthophonistes, psychomotriciens, assistants sociaux. Les consultations sont gratuites, sur rendez-vous. Ils reçoivent l’enfant ou l’ado, et la famille.

Le CMPP (Centre médico-psycho-pédagogique)
Pour les 0-20 ans, présent dans chaque département. Contrairement au CMP, il n’est pas sectorisé : tu choisis le centre que tu veux. Les familles peuvent prendre rendez-vous directement, sans passer par un médecin. Prise en charge à 100 %.

Je ne vais pas te mentir sur un point : dans beaucoup de départements, les délais d’attente sont longs, parfois plusieurs mois. Ce n’est pas une raison pour ne pas appeler. C’est une raison pour appeler maintenant plutôt que dans six semaines, et pour chercher une solution d’attente en parallèle, du côté de la Maison des adolescents ou de Mon soutien psy.

Ce que j’aimerais que tu retiennes

Aucun de ces numéros ne va résoudre le problème à ta place. Mais chacun peut t’éviter de rester seule ou seul avec, et ça, à 23 heures un mardi soir, ça change tout.
Si un numéro ou une info te semble dépassé, écris-moi via la page Contact : je lis tout, et je réponds.
Cette page sera mise à jour régulièrement.
Pierre


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